Dans l’Appenzell, autour du sommet du Säntis, les montées suivent un ordre immémorial. Menées par les enfants des villages en costumes traditionnels, Les chèvre d’Appenzell ouvrent le cortège. Derrière, un armailli (berger) porte un geele, un pantalon court jaune, un foulard en guise de ceinture, un gilet en drap rouge orné et un chapeau noir décoré de fleurs et de rubans. A noter que les armaillis du canton de Rhodes-Extérieure est plus simple et sobre. Suivent 3 vaches arborant des cloches des alpages et 3 accompagnateurs en costume traditionnel avec pantalon marron et gilet rouge, suivis d’un autre armailli. Vient ensuite le troupeau mené par son propriétaire, souvent accompagné du chien de berger typique de l’Appenzellois, le « bläss ». La charrette, le Lediwagen, ferme la marche.  Les 4 paysans qui suivent les vaches porteuses de cloches entonnent le yodel traditionnel des bergers, en harmonie avec les cloches.

Dans la région de la Gruyère, l’inalpe ou poya, est également l’occasion de magnifiques cortèges qui s’élancent dans un tintamarre joyeux et assourdissant. Les armaillis arborent un magnifique bredzon, leur traditionnelle veste brodée aux manches courtes et bouffantes, leur capet (chapeau) et un loyis (une poche à sel qui servait à agrémenter l’ordinaire pendant les longs mois de solitude du berger). Les femmes portent une robe en toile, le dzaquillon. Les vaches et les génisses sont parées de leurs cloches et décorées de fleurs en papier et de branches de sapin. Le train du chalet (le char qui transporte tout le matériel de production du fromage) ouvre le cortège ; le bouvier le suit et il est suivi des vaches les plus fortes, les « reines », puis viennent les « sonnailles », des vaches sélectionnées qui portent les lourdes cloches fixées sur des courroies en cuir richement brodées et le reste du troupeau ferme la marche.

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Un peu plus au nord, dans le Jura suisse, les cortèges de montée aux alpages sont un peu moins standardisés. Les vaches sont décorées de rubans, de fleurs et de rubans colorés et les éleveurs portent une chemise d’armailli ou une blouse bleue brodée, le bliaud. Le cortège avance au rythme long et profond des grandes cloches jurassiennes. La plus grande différence tient dans le lieu d’arrivée. Dans les Alpes, les bergers montent des chalets d’alpage, où ils resteront isolés pendant tout l’été. Dans le Jura, les troupeaux rejoignent des métairies qui font presque toutes office d’auberges de montagne. Elles ouvrent leurs portes aux marcheurs pour servir les röstis au feu de bois, la fondue au fromage de la métairie, ou la traditionnelle torrée (feux de braises en forêt).

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