Les masques de la Saint Sylvestre

Dans toutes les civilisations, des rituels religieux et autres fêtes font intervenir des masques : signes d’un appel aux forces surnaturelles, inversions du haut et du bas de l’échelle sociale… Ils signifient une rupture temporaire avec l’ordre normal du monde. En Suisse, de nombreuses régions rurales ont conservé la tradition des masques pour célébrer la nouvelle année. Les plus connus sont portés par les Silvesterkläuse de la région d’Urnäsch, dans le canton de l’Appenzell Rhodes-Extérieures. Ils représentent généralement des visages de femmes et d'hommes surmontés de chapeaux à large bord. Le costume traditionnel est complété par une énorme cloche de vache portée autour du cou. Fidèles au calendrier julien -depuis l’opposition de cette région protestante à la réforme du calendrier par le pape en 1582- c'est précisément le 13 janvier que les Silvesterkläuse vont de ferme en ferme souhaiter la nouvelle année !

D’autres sont d’allure féroce et démoniaque, comme les Tschäggättä (que l’on peut traduire par sorcière, femme simple, être étonnant) de Lötschental, dans le Valais. De jeunes hommes vêtus de peaux de chèvre et de mouton envahissent les rues, arborant d’effrayants masques en bois peinturlurés (Tschäggät signifiant moucheté, tacheté) et apeurant ainsi les jeunes filles. Pendant longtemps ils couvraient la tête de leurs victimes de cendre, jusqu’à l’interdiction du carnaval en 1865. Depuis, il a été réintroduit, la violence en moins.