Carnavals en Suisse

Les Suisses aiment les traditions, surtout quand il s’agit de se déguiser, de danser et d'organiser de grands repas collectifs ! À l’approche du Carême, les carnavals essaiment dans tous les cantons. À chaque ville sa particularité, ses plats typiques, ses costumes délirants. Les plus réputés sont ceux de Bâle, de Bolzes, du Tessin (Bellinzona, Chiasso, Locarno...), de Lucerne, de Monthey, d'Evolène et de Payerne.

Le carnaval de Fribourg, monstres et compagnie

Comme souvent, le Carnaval de Fribourg, ou Carnaval des Bolzes, symbolise l’espoir qui renaît avec le retour du printemps. Il annonce une période de jeûne (le mot vient de l’italien carnelevare, « enlever la viande »), une période de refus des plaisirs sensuels afin de se préparer spirituellement à mériter la communion.

Les fêtes "carnavalesques" de l'époque pré-chrétiennes étaient orgiaques et sauvages : vin et nourriture à satiété, plaisirs de la chair, sacrifices d'humains et d'animaux. Le Carnaval de Fribourg conserve – symboliquement – quelque chose de ces origines païennes et orgiaques. C’est un renversement ironique et violent du monde. Il date du Moyen Âge. Les festivités s’étendaient alors de L’Épiphanie au début du carême.

Aujourd’hui ce sont les habitants du quartier populaire de l’Auge, à majorité germanophone, qui défilent et font le spectacle. Le carnaval débute le samedi précédent mardi gras avec la remise des clés du carnaval à son président. Le temps fort du festival est le cortège du dimanche après-midi, qui se conclut par le procès et la mise à mort du Grand Rababou. Le Rababou symbolisait autrefois le rababouêt, ou voleur de bois. Aujourd'hui, on l'appelle volontiers le «Bonhomme Hiver». Cette poupée grimaçante pouvant atteindre plus de 12 mètres de haut est rendue coupable de tous les maux.

Le carnaval de Bellinzone dans le Tessin

Le plus grand carnaval de Suisse, après celui de Bâle, a lieu à Bellinzone, dans le canton méridional du Tessin, pendant 6 jours à partir du Jeudi gras. Il débute par la remise des clés de la ville au roi du carnaval, par le maire, pendant qu’un risotto mijote dans d'immenses cuves avant d’être servi dans les ruelles de la vieille ville. Trois parades costumées défilent dans le centre-ville, le point d'orgue du Rabadan étant le défilé du dimanche. Des dizaines de milliers de personnes costumées envahissent alors les bars, ouverts toute la nuit. Signalons aussi le concours du meilleur déguisement et de nombreuses représentations théâtrales. Cette tradition carnavalesque de rite romain se perpétue depuis plus de 140 ans à Bellinzone, dont la muraille et les remparts sont inscrits au Patrimoine mondial de L'UNESCO.

Le carnaval de Bâle

Le carnaval de Bâle est la plus grande fête de Suisse : il rassemble de 15 000 à 20 000 personnes costumées chaque année. Fête traditionnelle et populaire, elle est l’occasion pour les habitants de la ville de célébrer leur unité et de se moquer des autorités en place.

Contrairement à la plupart des carnavals, qui se terminent le mercredi des cendres, celui de Bâle commence 4 jours après, le lundi à 4 heures du matin précisément. Toute la ville est alors plongée dans l’obscurité, toutes lumières éteintes. Quand la Reine du carnaval prend le pouvoir ! 4 coups de cloche St. Martinskirche marquent le départ de la musique et des cliques et la prise du pouvoir par la Reine du carnaval. Au petit matin plus de 10 000 carnavaleux ont défilé.

Le mercredi après-midi est consacré à un deuxième défilé. Une procession costumée traverse la ville avec des lanternes ornées de dessins satiriques portant sur l’actualité régionale ou internationale (c'est le plus grand  rassemblement de lanternes d’Europe). Le cortège de chars est accompagné par une dizaine de milliers de  joueurs de fifres et de tambours. Aux 4 coins de la ville des « Gugges », petits orchestres placés sur pattes ou  sur roulettes, appelés aussi « cliques », sillonnent la ville au son d’une musique entrainante et divertissante. Le  théâtre est également à l’honneur pendant le Carnaval : de petites troupes de théâtre appelées  « Schnitzelbanks » commentent avec ironie et dérision l’actualité le lundi et le mercredi soir.